Coronavirus : le masque est-il efficace ?

A ce jour du 27 mars 2020, le monde enregistre plus de 537 808 contaminations au coronavirus, le nombre de décès s’élève à 24 127, et les guérisons sont de l’ordre de 123 312 cas. Les recommandations de l’Organisation Mondiale de la santé sont claires, la distanciation sociale, l’hygiène corporelle et le confinement chez soi.

A travers le monde, les autorités sanitaires ont verrouillé des villes entières, sinon les déplacements sont très limités, le télétravail n’a jamais été si recommandé, pas pour ses vertus économiques cette fois, mais pour faire face à cette crise sanitaire sans précédent dans la mémoire vivante.

Cependant, en plus des soignants et leur staff qui sont dans le front à la guerre contre le COVID-19, plusieurs métiers indispensables à la vie courante ne peuvent pas se faire depuis un ordinateur, nous parlons essentiellement de toute la chaîne d’approvisionnement en produits alimentaires, de l’agriculteur aux usines d’emballage et de transformation, sans oublier les réseaux de distribution, les petits commerces, les grandes surfaces etc. nous parlons également des agents de propreté, des techniciens de télécommunications, les agents de garde, la police, l’armée etc.

Dans ce cadre, le moyen de protection le plus utilisé dans le monde pour minimiser le risque de contamination au coronavirus est le masque facial. Mais une question, pas si évidente, qui se pose, le port d’un masque facial réduit-il les risques de contamination au coronavirus ?

Le port d’un masque facial réduit-il les risques de contamination au coronavirus ?

Les masques chirurgicaux ont été introduits pour la première fois dans les hôpitaux à la fin des années 1700, mais ils n’ont été mis à la disposition du grand public que pendant l’épidémie de la grippe espagnole en 1919.

Les masques sont donc conçus pour être exclusivement utilisés dans un environnement clinique, comme une salle d’opérations, où ils peuvent limiter l’exposition aux projections de liquides comme le sang et les gouttelettes de salives etc.

Les masques chirurgicaux, inventées en 1700, sont initialement destinés au personnel soignant.

En Chine, qui a connu son pic d’épidémie en Février, l’agence de presse Reuters a rapporté que le pays « consommait » 200 millions de masques chirurgicaux par jour. Des images sur les réseaux sociaux montraient un très grand nombre de personnes qui portaient les masques dans les aéroports, les gares et dans la rue.

Des centaines de vidéos tutorielles montrant aux internautes comment fabriquer leurs propres masques ont eu un très grand succès sur Internet. La ruée sur les masques n’a pas épargné les gouvernements, le 22 Mars une information a inondé les sites internet d’actualité, les plus sérieux, sur la saisie des autorités tchèques d’un convoi de masques chirurgicaux destiné initialement à l’Italie. « Coronavirus : la République Tchèque vole des masques à l’Italie » peut on lire sur FranceTvInfo.

Près de 650 000 masques envoyés par la Chine ne sont jamais arrivés en Italie parce qu’ils ont été volés par la République Tchèque avec l’accord des autorités.

Francetvinfo.fr

Le masque peut il nous protéger contre le coronavirus ?

Dr Jake Dunning, responsable des infections émergentes et des zoonoses (maladies infectieuses propagées entre les humains et les animaux) a déclaré au journal britannique de renom The Independent qu’il y avait très peu de preuves d’un avantage du port du masque chirurgical en public.

« Les masques faciaux doivent être portés correctement, changés fréquemment, enlevés correctement, éliminés en toute sécurité et utilisés en combinaison avec un bon comportement d’hygiène généralisé afin qu’ils soient efficaces. » dit Dr Daunning. Or, nul ne peut confirmer que les personnes qui portent les masques faciaux en public respectent strictement ces consignes, ce qui laisse le doute sur l’efficacité d’une telle mesure dans les lieux publics.

D’autre part, la plupart des masques faciaux fabriqués en papier n’ont pas de filtres spéciaux pour stopper les particules infectieuses qui pourraient se trouver dans l’air, car tout simplement ils ont été conçus pour éviter les éclaboussures de liquides comme le sang et la salive, bien qu’aucune source scientifique n’a confirmé la transmission du virus dans l’air, alors qu’une étude américaine avait prévenu que le coronavirus pourrait rester dans l’air près de 3 heures.

D’un autre côté, si les masques ne sont pas correctement portés, et s’ils sont amples par exemple, les virus peuvent facilement pénétrer au nez et à la bouche, sans oublier que les experts ont averti que le coronavirus pourrait pénétrer dans l’appareil respiratoire par les yeux.

L’utilisation des masques n’est pas conforme ans + 50% des cas.

Même lorsque les utilisateurs se conforment parfaitement aux règles du port du masque chirurgical en public, des études ont démontré qu’ils deviennent progressivement moins attentifs du fait qu’ils les portent pour de longues heures, et finissent par commettre des erreurs d’utilisation.

L’utilisation « conforme » des masques est inférieure à 50%.

étude publiée dans l’International Journal of Infectious Diseases, Grande-Bretagne, 2008.

Cela signifie que plus de la moitié des personnes ayant participé à cette étude ne respectaient pas les règles d’utilisation des masques faciaux, et sont de ce fait exposées au risque de contamination.

Y a-t-il d’autres recherches sur l’efficacité du port des masques chirurgicaux ?

D’autres organismes de santé publique ont confirmé qu’il n’y a pas assez de preuves scientifiques sur l’efficacté du port des masques chirurgicaux pour le grand public, tel que l’organisme américain le US National Center for Immunization and Respiratory Diseases.

Professeur Jimmy Whitworth, chercheur au London School of Hygiene and Tropical Medicine, a déclaré dans les médias britanniques : « Il y a peu de preuves sur leur [les masques faciaux ] efficacité. Ils sont plus bénéfiques si vous avez un virus et que vous ne voulez pas le transmettre à d’autres personnes ».

En 2014, et après l’épidémie du SARS qui a frappé l’Asie où les masques étaient largement utilisés par le grand public, une étude a donné des résultats non concluants sur l’efficacité d’une telle mesure.

Comment se protéger dans ce cas contre le coronavirus ?

Si les gens s’inquiètent de contracter des maladies infectieuses, des mesures plus simples et surtout plus efficaces sont vantées par les scientifiques, notamment une bonne hygiène corporelle.

L’OMS recommande de se laver fréquemment les mains avec un désinfectant à base d’alcool ou de l’eau tiède et du savon, de se couvrir la bouche et le nez avec son coude ou un tissu fléchi pour éternuer ou tousser, ainsi que la distanciation sociale.

  • Lavez-vous très régulièrement les mains
  • Toussez ou éternuez dans votre coude ou dans un mouchoir
  • Saluez sans serrer la main, n’embrassez personne
  • Utilisez un mouchoir à usage unique et jetez-le
  • Portez un masque si vous êtes malade.
  • Restez chez vous, évitez tout contact avec les autres. Certaines personnes transmettent le virus sans en ressentir les symptômes.

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